Recherche

Sur la route des vacances

posté le 04 juillet 2016 | Auteur: Ludmila Glisovic | Voir l'article complet

L’agritourisme séduit toujours plus de touristes qui désirent découvrir la vie à la ferme. Une expérience unique qui permet aux agriculteurs de compléter leurs revenus.

La ferme se trouve à Dompierre (FR). © Vanina MoreillonLa ferme se trouve à Dompierre (FR). © Vanina Moreillon

On peut passer des vacances uniques en Suisse, sans se mettre sur la paille, mais en y dormant. En effet, de plus en plus de fermes réparties sur tout le territoire proposent ce type d’hébergement. Mais, pour les personnes qui ne seraient pas forcément séduites à l’idée de se rouler dans le foin en goûtant à son doux parfum d’été et désireuses de davantage de confort, il est possible de louer, par exemple, des appartements, des logements de groupe et autres. C’est ce que proposent Fouzia Ducry et son mari Pierre-Yves, qui reçoivent des hôtes dans leur ferme à Dompierre (FR), qui porte le joli nom de Magie de la ferme. Originaire du Maroc, Fouzia Ducry est venue en Suisse détentrice d’une formation hôtelière obtenue dans son pays d’origine. Avant que le couple ne crée des hébergements, elle secondait son mari dans les travaux de la ferme, alors que lui était employé à plein temps à l’extérieur.

 

Les paysans visent l’excellence

«Mon ancien métier et les contacts qui l’accompagnent me manquaient beaucoup», raconte-t-elle. Puis, j’ai entendu parler de l’agritourisme et, début 2008, nous avons débuté cette nouvelle activité. Nous avions construit un cabanon dans le jardin, petit à petit nous l’avons transformé. Pour gagner encore de la place pour la restauration, nous avons ajouté un espace sous tente. Le jardin a été réaménagé. Afin de pouvoir proposer des places pour dormir, nous avons dû réparer et modifier différentes parties de la ferme.» Ainsi, par exemple, à la place de la porcherie, on trouve aujourd’hui les douches et les toilettes et les vaches, qui passent la belle saison aux champs, laissent leur étable aux vacanciers. Recevoir des hôtes est loin d’être une activité annexe. Les paysans visent l’excellence tout en cumulant les casquettes. Ainsi, Fouzia Ducry propose de la cuisine tant suisse que marocaine et les délicieux brunchs campagnards côtoient les succulents buffets marocains. En outre, elle s’est spécialisée dans les produits du terroir fribourgeois. Elle produit encore moult sirops, confitures, liqueurs, crème de cassis, etc., qu’elle vend directement à la ferme, tout en prospectant pour une distribution plus large.

 

Cumul de revenus

Si Pierre-Yves Ducry donne un coup de main pour l’accueil des convives lorsque c’est nécessaire, il travaille aussi aux champs, trait les vaches et a un emploi à temps partiel chez Yokohama Suisse SA, à Corcelles-près-Payerne. «Les produits de la ferme ne sont pas payés au prix juste, alors il faut bien aller travailler ailleurs. Pour arriver à payer toutes nos charges, nous avons besoin de tous ces revenus», explique le paysan aux multiples fonctions. Un homme qui prend plaisir à parler de son exploitation et qui emmène volontiers ses convives pour la traite. Il est vrai qu’outre les plaisirs de la table, ce sont aussi ces activités annexes que les clients, en majorité des citadins, viennent chercher dans les campagnes. Dans certaines fermes, les gens peuvent ainsi prendre des cours de cuisine, découvrir les herbes sauvages et aromatiques, apprendre à les utiliser ou encore à fabriquer du fromage. Les hôtes peuvent aussi choisir, simplement, de se rouler dans la paille et les souvenirs de vacances fleureront bon la campagne! 

 

Pour plus de renseignements et réserver: www.agrotourismus.ch; www.magiedelaferme.ch.

 

L’agritourisme, c’est quoi?

144.jpg

© Vanina Moreillon

 

• Du fin fond des Grisons aux confins du Jura, 330 exploitations proposent des logements. Agritourisme Suisse les répertorie et peut gérer les réservations pour les appartements et les hébergements de groupes via leur site.

• Ces séjours s’adressent à tout le monde et certaines fermes prennent même les enfants non accompagnés.

• On peut loger en appartement, dans des chambres ou des dortoirs, sur la paille, dans les arbres, etc.
• On peut s’y rendre à vélo, à cheval, à pied ou en voiture.

• On apprend à connaître les animaux de l’exploitation et les produits du terroir.

• On s’initie aux travaux de la ferme, aux plantes sauvages, à l’équitation, etc.

• En choisissant de dormir sur la paille, il faut compter en moyenne 28 francs, petit-déjeuner réalisé avec des produits de la ferme inclus.

 

 

«L’agritourisme représente en général 30% des revenus d’un agriculteur»

145.jpg

© Vanina Moreillon

 

«Les agriculteurs proposent de plus en plus d’objets originaux», se réjouit Andreas Allenspach, directeur d’Agritourisme Suisse. Les hôtes recherchent le confort et les paysans investissent toujours plus pour leur proposer des infrastructures modernisées. Aujourd’hui, il n’est pas rare d’avoir les douches séparées des toilettes.» Une manière de voyager qui séduit de plus en plus de Suisses et d’étrangers: «Cette semaine,
j’ai reçu des demandes de Chine et des pays du Golfe, s’étonne le directeur. Les visiteurs désirent passer des vacances dans la nature, au calme et ils veulent se nourrir sainement. Mais, au-delà de ces aspects, ils viennent découvrir le monde paysan et bénéficier d’un contact social de qualité avec ces familles d’accueil. Très rapidement, les vacanciers se trouvent intégrés à la vie de la ferme. Dans ce type d’exploitation, 30% des revenus viennent de l’agritourisme. Ce travail permet aussi aux épouses de paysans de rester sur le domaine. Souvent, les femmes ont une formation dans le secrétariat ou dans l’hôtellerie. Avec l’accueil à la ferme, elles peuvent mettre à profit leurs compétences.»


facebook twitter linkedin

Commentaires

Il n'y a aucun commentaireAjouter un commentaire