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L’entrepreneur doit-il s’engager en politique?

posté le 01 juillet 2016 | Auteur: François Meylan (expert) | Voir l'article complet

Le développement des réseaux sociaux et l’avènement de la politique par sujet constituent de nouvelles fenêtres d’expression à disposition des patrons de PME.

François Meylan, conseiller financier à Lausanne, www.meylan-finance.ch. Photo: DRFrançois Meylan, conseiller financier à Lausanne, www.meylan-finance.ch. Photo: DR

Politique et affaires? Si, par exemple, dans des pays comme la Russie et la Chine, la politique et le milieu des affaires ne font souvent qu’un, en Suisse, le mélange des genres est encore mal vu. Bien souvent, la double casquette prête à confusion et il semble, à tort ou à raison, plus difficile de faire affaire avec des politiciens. L’étiquette politique l’emporte. De plus, nombreux sont les exemples de personnes engagées qui n’ont pas réussi à développer leur négoce, car trop occupées par leur mandat d’élu ou leur rôle au sein d’un appareil de parti. Toutefois, il est indéniable que l’expérience acquise lors de l’exercice d’une telle fonction est fort utile par la suite.


Qui défend nos capitaines d’industrie?
Force est de constater que l’environnement économique devient toujours plus complexe. Vigueur du franc, retour de flamme de la mondialisation, concurrence féroce d’Internet et du low-cost, inflation réglementaire et administrative oblige. Dans cette constellation, qui défend nos capitaines d’industrie? Les organisations faîtières et quelques lobbyistes? En partie seulement, parce que la tendance, ces dernières années, a été le pari du tout à la multinationale. Et les intérêts des multinationales et des PME, même s’ils peuvent converger à court terme, c’est de moins en moins souvent le cas dans la durée. Alors qu’en est-il des appareils des partis politiques traditionnels tels que nous les connaissons dans notre pays, où l’on vote plus souvent qu’ailleurs?

 

Environ 60% d’abstentionnistes

Coup d’œil sur nos appareils traditionnels, le plus grand étant l’UDC. On note, depuis une vingtaine d’années, une baisse continue du Parti libéral-radical (PLR) et du Parti démocrate-chrétien (PDC), c’est-à-dire du centre droit et de ce que l’on pourrait entendre par courant modéré. La fusion du Parti radical avec le Parti libéral a encore de la peine à faire l’unanimité. Ainsi, reproche-t-on toujours au premier, et quinze ans après, la dramatique gestion ayant engendré la faillite retentissante de la compagnie aérienne nationale Swissair.

 

© Fotolia

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Un drame national imputé en grande partie au Parti radical zurichois. Quant au PDC, la relève confessionnelle n’est plus au rendez-vous. Les adhérents traditionnellement PDC ne votent plus forcément en faveur de la famille – thématique reprise également par les autres formations – et encore moins pour la tradition. C’est ainsi que les extrêmes, tels que le Parti socialiste (PS) et l’Union démocratique du centre (UDC), se renforcent. Peut-être aussi en raison de l’expression d’une ligne claire et audible – accentuée par le lancement d’une quantité d’initiatives populaires usant et abusant parfois même des droits politiques. Toutefois, dans notre pays, le parti majoritaire demeure malgré tout celui des abstentionnistes, avec un poids d’environ 60% des inscrits au bureau électoral. Cependant, des études avancent que les abstentionnistes, en cas de mobilisation, ne renverseraient pas les équilibres actuels. Ils exprimeraient probablement leur sensibilité dans les mêmes répartitions connues.

 

Une nouvelle fenêtre d’expression

Compte tenu de ce qui précède, où et com- ment devrait s’impliquer l’entrepreneur pour défendre ses intérêts? A n’en pas douter, l’avènement de la politique par sujet et l’influence grandissante des réseaux sociaux constituent une nouvelle fenêtre d’expression. Par projet, on retiendra le parcours et la détermination remarquable du sénateur Gottlieb Duttweiler, le fondateur de Migros. Tout comme le sénateur Thomas Minder, porteur de la fameuse initiative contre les rémunérations abusives, est entré dans un premier temps en rupture avec les appareils de partis traditionnels pour finalement – à la force du poignet et conduit par un acte de foi – changer le monde. Alors, oui: il est utile que les patrons de PME pèsent davantage que les organisations faîtières, très administratives et souvent orientées, qui sont censées les représenter. 


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