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EVPass: un nouveau réseau de bornes gratuites

posté le 24 septembre 2016 | Auteur: Vincent Michoud

Green Motion installera gratuitement 1600 bornes de recharge sur la voie publique. Un pari rendu possible grâce à une levée de fonds de plusieurs millions de francs.

Se faufilant entre les cartons et les bornes de recharge entreposés dans ses bureaux de Bussigny, François Randin prépare le déménagement: «D’ici au mois d’octobre, les 15 employés de Green Motion investiront de nouveaux locaux de plus de 800 m2 au Mont-sur-Lausanne. Une surface dédiée à la recherche et développement, aux bureaux, à l’entreposage ainsi qu’à la présentation de nos différents produits.» Créée en 2009 par François Randin et Christophe Millet, la PME vaudoise, spécialisée dans les bornes de recharge destinées aux véhicules électriques, vient de franchir un nouveau cap. Si les quelque 850 machines (630 privées et 220 publiques) vendues depuis le début de l’aventure sont principalement réservées à un usage privé, l’objectif est désormais d’installer, gratuitement, 1600 bornes supplémentaires sur la voie publique en Suisse, d’ici à 2020.

150 000 véhicules

«Nous avons pu faire évoluer notre modèle d’affaires, grâce à une levée de fonds de plusieurs dizaines de millions de francs. En effet, l’entreprise Zhongding nous a racheté l’usage de la technologie pour construire entre 7 et 10 millions de bornes en Chine, avec l’interdiction d’exporter en Europe», précise François Randin, CEO de Green Motion. Grâce à cette manne financière, le projet baptisé EVPass a donc été lancé en juin 2016 et a déjà séduit de nombreux partenaires de poids comme McDonald, Aldi ou les stations-essence AVIA. «En règle générale, nous avons privilégié un gros partenaire par secteur d’activité afin de densifier au maximum le réseau de bornes électriques et d’encourager l’utilisation de véhicules électriques. Un prix de 45 centimes par kilowattheure sera facturé à l’utilisateur.» Un tarif qui ne permet pas de dégager de grandes marges dans un premier temps, mais qui deviendra très intéressant dès que le parc automobile électrique atteindra quelque 150 000 véhicules d’ici à quatre ans contre 15 000 actuellement, selon le CEO de Greenmotion.

Une entreprise industrielle

Profitant aujourd’hui du développement et de l’engouement pour la mobilité douce, Green Motion a cependant dû batailler ferme pour devenir leader du marché, devant Alpiq (interface easy-4-you) et Groupe E (plateforme Move). En 2009, les deux co-directeurs revendent leur société active dans le développement de logiciels bancaires pour se lancer dans une nouvelle aventure: «Nous voulions produire et développer un produit concret, palpable dans un marché naissant. Une nouvelle génération de batteries au lithium venait d’être lancée, c’était le bon moment. Les débuts étaient difficiles. En 2012, on employait péniblement six personnes pour une production de 50 à 70 pièces. Une première levée de fonds nous a ensuite permis d’entrer sur le marché suisse alémanique. Le succès commercial s’est ensuite confirmé et nous n’avons jamais changé de sous-traitants. Les bornes sont construites à 80% en Suisse.»

Revendiquant fièrement son statut d’industriel vaudois, François Randin affirme que l’entreprise ne quittera jamais le pays et souhaite que Green Motion devienne un exemple de success-story suisse, à l’image de Logitech.


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